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La sécurité sociale nous protège, nous protégeons la sécurité sociale !

En janvier, plus de 20.000 personnes étaient dans les rues pour exiger une sécurité sociale renforcée et justement financée.

En effet, les coupes budgétaires et politiques néolibérales menées ces dernières années ont gravement entamé notre modèle de sécurité sociale. Baisse des cotisations sociales, suppression de la dotation d’équilibre, économie dans nos soins de santé, ou encore rabotement dans nos pensions. Ces mesures socialement injustes et inacceptables ont non seulement des conséquences immédiates pour les travailleurs et les citoyens dans leur ensemble mais aussi des conséquences sur le long terme. Notre sécurité sociale n’étant plus correctement et justement financée ne pourrait plus assurer sa mission essentielle : protéger les citoyens tout au long de leur vie.

La sécu’ qu’est-ce que c’est ?

La sécurité sociale belge est une magnifique machine de solidarité. Chaque année, elle vient en aide à des millions de personnes. Malades, enceintes, en besoin de vacances, nous pouvons toujours compter sur la sécurité sociale pour nous accompagner et nous protéger. Le système belge est un modèle SOLIDAIRE. Concrètement cela signifie que chacun contribue à la sécurité sociale selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Ce filet de protection sociale a été mis en place en 1944 pendant la seconde mondiale. Patrons et syndicats s’étaient en effet réunis clandestinement pour définir les règles sociales qui permettraient de trouver un équilibre entre la nécessaire production pour la relance économique et la toute aussi nécessaire sécurité d’existence. Ce pacte sociale vit le jour en 1944 : la sécurité sociale était née.

Depuis lors, les organisations syndicales se sont continuellement battues pour améliorer ce système de protection : création de l’assurance maladie invalidité (1963), allocation d’attente pour les jeunes (1966), etc…

De sorte qu’en 2019, la sécurité sociale a protégé et accompagné plusieurs millions de belges.

La sécurité sociale, bouclier contre le coronavirus

Certaines images font froid dans le dos : des files interminables aux Etats-Unis pour obtenir une aide financière durant cette crise, des hôpitaux de fortune, des patients entassés dans des couloirs en Italie, ou encore des personnes oubliées et plongées dans des situations de pauvreté extrême… Heureusement, en Belgique nous pouvons compter sur la sécurité sociale fédérale et solidaire pour nous aider à traverser cette crise du coronavirus.

La sécurité sociale a donc permis à 1,25 millions de travailleurs de ne pas tomber dans la pauvreté. En effet, les organisations syndicales se sont très tôt mobilisés pour que la machine sociale s’enclenche et fonctionne. Résultats ? 1,25 millions de personnes mises en chômage temporaire ont pu bénéficier d’une allocation de chômage.

Notre modèle de sécurité sociale a aussi permis d’absorber le choc et d’apporter des soins de qualité aux patients atteints du coronavirus. En Belgique grâce à notre sécurité sociale les patients ne doivent en effet pas s’endetter ou craindre qu’à leur sortie d’hôpital des factures de soins plantureuses leur tombent dessus. Notre système a effectivement permis un traitement et un suivi médical digne et humain.

Toutefois, ce bouclier peut parfois paraitre percé de petit trous. Des améliorations importantes doivent ainsi être apportées même en temps de crise. On pensera surtout au niveau des allocations de chômage particulièrement bas (70% du dernier salaire plafonné à 2754 € bruts/mois). A cet égard, la FGTB n’a eu de cesse de se battre pour exiger un rehaussement des allocations de chômage temporaire. Pour nous, il est impératif de relever le plafond d’une part (au moins au niveau de l’assurance maladie soit 3.600€/mois) et de relever le pourcentage d’autre part.

En outre, la gestion politique parfois calamiteuse de la crise sanitaire (manque de masques, manque de matériaux de protection comme des gants, des blouses ou encore des gels désinfectants) prouve que la sécurité sociale doit être gérée indépendamment des idéologies politiques. Les mutuelles, les partenaires sociaux et les groupes hospitaliers sont les mieux placés pour évaluer les besoins et trouver les moyens.

Attention au « patronatvirus » et à la menace de régionalisation

Les menaces sur notre sécu’

  1. La diminution de la protection et la menace de privatisation

    Aujourd’hui 1 travailleur sans emploi sur 2 présente un risque de pauvreté. 4 fa­milles monoparentales sur 10 sont en situation de pauvreté. Aujourd’hui déjà la sécurité sociale ne protège plus assez. La réponse imposée d’une privatisation par une droite et un patronat décomplexés se fait de plus en plus pressante. Les grandes puissances financières et économiques lorgnant sur ce qui s’apparente pour eux à un véritable marché. Etant en quête du profit à tout prix, ces assu­rances privées renforcent les inégalités plutôt que de les réduire.

  2. Régionalisation de la sécu’ = un problème et non une solution !

    La sécurité sociale est également menacée de dislocation. En effet, les velléités nationalistes et indépendantistes menacent de déconstruire brique par brique, pan par pan notre sécurité sociale. Ce travail de sape, débuté en 1993, n’a cessé depuis. Or, à l’instar de toutes les assurances, la diminution de la base cotisante n’aboutira qu’à une seule chose… la diminution du taux de protection.

    Notre modèle de sécurité sociale assure aujourd’hui la solidarité interperson­nelle. Autrement dit, la solidarité entre les hauts et les bas revenus, entre ceux aux épaules les plus larges et ceux aux épaules plus fragiles, entre les riches et les moins fortunés. En outre, plus la base sur laquelle repose la sécurité sociale est large et solide mieux elle est organisée. Nous sommes convaincus que nous avons besoin de solidarité pour faire qu’une société soit plus qu’une simple somme d’in­dividus qui ne comptent que sur leur responsabilité individuelle.

  3. Le vieillissement de la population : une donnée sociétale à intégrer

    Le vieillissement de la population entraîne de facto des dépenses supplémen­taires. Ainsi, le comité d’étude sur le vieillissement estime le coût du vieillissement entre 2018 et 2070 à 2,4% du PIB. Ce phénomène, nous le connaissons depuis longtemps. Or, ce n’est pas parce que le nombre de personnes âgées a augmenté que nous devons diminuer leur protection. Que du contraire ! Pourtant certains utilisent ce « vieillissement » de la population pour détricoter notre sécurité sociale et notre monde du travail. Une réelle vision d’avenir consisterait plutôt à trouver davantage de ressources pour couvrir ces nouveaux besoins liés au vieillissement.

  4. Le manque à gagner de la sécurité sociale

    La sécurité sociale risque aussi, si son financement n’est pas repensé, d’imploser. Environ 20% du financement de la sécurité sociale est ainsi parti en fumée ! Cela s’est brusquement accéléré avec le fameux mais inefficace « tax-shift » mis en place par le Gouvernement MR - N-VA. Ce financement direct de la sécurité so­ciale a été partiellement remplacé par une compensation de l’Etat fédéral.

    Asséchée à la suite des diminutions de cotisations sociales irréfléchies et dogma­tiques qui s’apparentent plus à des cadeaux octroyés aux entreprises qu’à une po­litique économique intelligente et réfléchie, la sécurité sociale est aujourd’hui au bord du gouffre. Car, en plus de cette réduction drastique des cotisations sociales sans compensations pour le financement de la sécurité sociale, la droite a dé­veloppé de nombreux modèles échappatoires permettant d’éluder le paiement correct de cotisations sociales.

    En effet, les formes de rémunérations alternatives (sans ou avec très peu de coti­sations sociales) ont explosé. Ces rémunérations alternatives prennent différentes formes : éco-chèques, voitures de société, avantages liés aux résultats et autres bonus, stock-options, etc. et ne sont pas associées à des compensations au niveau du financement de la sécu’.

    Le secrétariat social de SD Worx estime ainsi que cette «masse salariale extra-lé­gale» s’élevait à près de 7 milliards d’euros par an, même en ne tenant pas compte d’avantages tels que la pension complémentaire, l’assurance hospitalisation et les cartes de carburant.

    La masse salariale totale des employés du secteur privé s’élève à 103 milliards d’euros. Le total du salaire exonéré pourrait donc être d’au moins 10%.

    En outre, les transformations du monde du travail (digitalisation, nouvelles formes d’emplois et autres) induisent une

  5. L’utilisation de la sécurité sociale comme variable d’ajustement budgétaire

    En ce qui concerne la situation financière de la sécurité sociale, l’accent est sou­vent mis sur les dépenses et beaucoup moins sur les recettes. Ce soi-disant « trou » ou « manque à gagner » est ensuite utilisé pour d’une part monter des groupes de population les uns contre les autres - travailleurs contre les chômeurs, malades contre ceux qui sont en bonne santé, réfugiés contre le reste de la population, Flamands contre Wallons, etc. et d’autre part pour plaider pour davantage d’éco­nomie.

    Toutefois, les dépenses de protection sociale de notre pays (30,3% du PIB) sont conformes à celles des pays voisins. Elles sont inférieures à celles de la France (33,9%), similaires à celles des Pays-Bas (30,2%) et légèrement supérieures à celles de l’Allemagne (29,1%).

    Le cadre budgétaire européen dans lequel nous évoluons fait également peser la menace de coupes drastiques dans la sécurité sociale. Car si la sécurité sociale est majoritairement financée par nos salaires, l’État intervient également à hau­teur de près 30% dans son financement. Or, certains adeptes du chacun pour soi voient dans la sécurité sociale une dépense importante. Pourtant, couper dans la sécurité sociale, cela revient à abandonner des milliers, voire des millions de citoyens à leur propre sort.

    On le voit, les forces de droites constituent la plus grande menace pour l’avenir de la sécurité sociale. Mais la plus grande opportunité pour la sécurité sociale de demain ce sont les forces de gauches.




La sécu’ nous protège…


…Nous protégeons la sécurité sociale

La FGTB a été un moteur pour la création de la sécurité sociale. Aujourd’hui menacée de toute part mais pourtant tellement indispensable, la FGTB sera au rendez-vous avec vous pour protéger notre sécurité sociale.

A cet égard, la FGTB propose des modifications immédiates pour une sécurité sociale renforcée et justement financée.

En savoir plus sur la sécu’ ? Retrouvez toutes les infos utiles dans notre brochure http://www.fgtb.be/-/securite-sociale-toujours-protege ou sur notre site http://www.fgtb.be/securite-sociale